Communauté de communes Albères - Côte Vermeille - Illibéris : 1 territoire - 15 communes

A la recherche de la cité perdue

Le service des eaux effectue actuellement des travaux de renouvellement du réseau d’eau potable sur la ville basse d’Elne.

Les archéologues du service archéologique départemental des Pyrénées-Orientales, sur demande de la DRAC Occitanie, profitent de cette occasion pour explorer les tranchées de cette ville au riche patrimoine archéologique.

Ils nous livrent quelques découvertes et le pourquoi de ces recherches.

Pourquoi les archéologues du service archéologique départemental des Pyrénées-Orientales interviennent-ils dans le cadre de la réfection des réseaux dans la ville basse d’Elne ?

La ville d’Elne est occupée de manière continue depuis près de trois millénaires. Pourtant, nos connaissances sur la ville basse sont minces car la trame urbaine serrée offre peu de possibilités d’explorer le sous-sol. Contrairement à la ville haute d’Elne, qui est mieux documentée archéologiquement et historiquement, la ville basse d’Elne, intra-muros, n’a fait l’objet que de peu d’observations archéologiques et les fouilles y ont été extrêmement rares.

La majorité de nos connaissances sont issues du suivi par Roger Grau de l’installation du réseau d’assainissement, dans les années 1950 et 1960. Seules sept petites opérations archéologiques sont venues depuis compléter et enrichir ces premières observations.

Les données issues de ces opérations montrent que l’occupation de ce secteur fut assez importante dès le Ve siècle avant J.-C. .

Durant l’époque romaine, la présence d’un habitat est supposée en ville basse mais sa forme et sa taille restent inconnues. Se superposant à cet habitat antique, une vaste nécropole du tout début du Moyen Âge s’étend au moins depuis la Place Saint-Jacques jusqu’à la Place du Planiol et la rue Mazagran. Elle a livré des tombes en coffrage de tuile ou de brique, d’autres aménagées avec un entourage de galets et mais surtout pas moins d’une vingtaine de sarcophages en pierre.

Au Moyen Âge, la ville basse, qui occupe une superficie de 4,5 ha, est dotée, dès le XIe ou le XIIe siècle, d’un marché et de remparts. Ces remparts conservent encore aujourd’hui onze tours semi-circulaires et deux portes, celle de Perpignan au nord et celle de Collioure au sud.

L’église Saint-Jacques était la paroisse de la ville basse au moins dès le XIVe siècle. Les rues et les maisons médiévales puis modernes, construites avec des murs en terre, sont conservées dans le sous-sol, encore en élévation par endroit.

 Les fouilles en images

Place Marché aux grains

les archéologues du Département observent, photographient et dessinent les niveaux archéologiques observés sous le sol actuel, dans les parois des tranchées destinées à la pose des réseaux. Les vestiges (restes de vaisselle, ossements d’animaux, objets métalliques…) qui sont contenus dans ces couches archéologiques permettent de les dater et d’en proposer une interprétation (sol de maison, niveaux de rue, activité artisanale…).

Rue Porte de Perpignan

Les archéologues du Département procèdent à la fouille des vestiges archéologiques observés en fond de tranchée. Ici deux petits foyers en fosse datant probablement de l’occupation protohistorique de la ville basse, entre le Ve siècle et le IIe siècle avant J.-C..

Rue Porte de Perpignan

Vue en coupe de la succession des niveaux de rue, dont le plus ancien correspond à une calade aménagée à l’aide de galets calibrés liés à la terre, datant probablement de l’époque moderne (XVIe-XVIIe siècles). Ce sont les réfections successives des rues comme des maisons autour, dont les murs sont construits en terre crue, qui fond progressivement s’élever le niveau de circulation.

Couvercle de marmite

D’époque médiévale ou moderne, trouvée rue des Remparts.

Boucle et son ardillon en bronze

Retrouvés dans un remblai d’époque médiévale rue des Remparts.

Tesson de céramique portant un graffiti

Incomplet, il pourrait être en langue ibère. Il est daté de la Protohistoire, entre le IIIe et le Ier siècle avant J.-C. et a été trouvé rue des Remparts.

Tessons de céramique

Retrouvés dans un remblai daté du XVe siècle dans la rue des Remparts. Parmi ces éléments, au centre, un fragment de céramique émaillée à décor bleu provenant de la région de Valence (Espagne). À gauche un fragment de meule à grains et en bas à droite des ossements d’animaux (essentiellement de la famille des caprinae, soit chèvres ou moutons).

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